Les jeux de l’amour… et du bazar !

Tonio et Gigi s’aiment. Ils sont drôles et simples, complexes et complices et s’embarquent parfois dans des situations cocasses ! Voici leurs aventures, souvent drôles dans des registres d’humour différents : Absurde/Potache/Taquin/Vache/Existentiel.

Les personnages assimilés à « Monsieur et Madame Tout le monde » mettent en avant la part de folie que nous possédons tous. Le but étant que le lecteur, au fur et à mesure de la lecture, s’approprie ces personnages et en vienne à rire même du petit gag d’apparence anodine. 

Tonio, quelqu’un de ni beau, ni moche, un « monsieur tout le monde » est l’auteur ! Gigi, une fille rigolote – dont on se dit « elle a l’air sympa cette nana ! »- est la femme de l’auteur !

Les histoires sont variées : Gigi seule, Tonio seul, ou les deux réunis, abordent leur quotidien un tantinet farfelu, avec parfois un peu d’humour noir ou de provocation. Des gags courts. Des histoires faciles à lire que l’on savoure dans le désordre, que l’on peut commencer à n’importe quelle page.

L’ humour, un peu décalé, fait rire ou sourire et touche (presque) n’importe qui avec ces histoires d’un couple loin des « histoires de couple » et qui en fait un livre cadeau idéal !

Le concept est tendance et original. Deux personnages-photo, détourés et incrustés dans un décor-dessin. Des couleurs toniques, un visuel agréable et punchy. Ces histoires sur fonds acidulés, parfois décalées, parfois caustiques et toujours pleines d’humour nous font sourire et nous font rire… À ouvrir et à lire juste pour le plaisir !

Retrouvez Gigi et Tonio sur le site de la Fnac

Gigi et Tonio, David Prestavoine
Des miettes dans le beurre
Epa Eds, mai 2011, 9€90

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Meurtre sponsorisé… la marque du tueur?

C’est en lisant L’homme qui voulait vivre sa vie de Douglas kennedy que j’ai eu l’idée de ce petit billet ! La dimension comique (si, si, il y en a une !) du roman n’a pas été retranscrite dans le film d’Eric Lartigau, pourtant de haute tenue et magistralement interprété (Romain Duris est impeccable).

Je vous explique: dans le roman, Douglas kennedy plante le décor et décrit la vie scandaleusement prospère de Ben Bradford. Il énumère ses dépenses tout aussi compulsives que somptuaires, à faire pâlir de jalousie notre accro du shopping, Becky Bloomwood. Le déluge de grandes marques n’est là en réalité que pour dégommer le rêve américain, violent, dans lequel se débat notre héros qui, par lâcheté, n’a pas choisi sa vie.

Il va loin dans l’humour noir, ce cher Douglas, tellement loin que je me demande si certaines grandes enseignes n’ont pas ressenti une certaine gêne. Le meurtre « fondateur » du roman, celui qui va permettre à Ben de « mourir pour renaître » est en effet « sponsorisé », mais oui, « sponsorisé » par deux marques dont une bien connue des amateurs de bricolage. L’arme du crime? Une bouteille d’un délicieux, incompararable, rare et donc très cher sauvignon neo-zélandais. Ensuite, le cadavre est très artistement privé de ses jambes grâce au travail et à la mécanique parfaite d’une scie circulaire ! Nous avons là la marque du tueur… Drôle, efficace mais redoutablement cynique ! Ah, et on s’étonne après que le diable s’habille en Prada !

Sublimes imperfectionnistes !

Mais qui sont ces imperfectionnistes, êtres de chair, de pouvoir, de faiblesses et de papiers, dépeints avec maestria par Tom Rachman ?

Llyod, Burko, Arthur Golpal, Hardy Benjamen, Herman Cohen, kathleen Solson et autres Oliver Ott ont un point commun, ils ont pris part, de gré ou de force, à une aventure humaine, à une entreprise des plus risquées: un journal, oui un journal international basé à Rome. Ils ont bâti un empire de papiers mâchès, de papiers gâchés. Leur égo, leurs ressources insoupçonnées, leurs lâchetés ont permis au quotidien de frôler le succès et ont en assuré la chute brutale et implacable.

Portraits touchants et captivants d’hommes et de femmes fragiles, si merveilleusement humains, plongée inédite et fascinante dans le monde de la presse, les Imperfectionnistes sont un premier roman abouti, équilibré.

Chaque chapitre est une histoire, une chronique d’un désastre ou d’une désillusion, d’une souffrance annoncée. Derrière Frédéric Moreau, on devine Bud Korpenning, derrière Tom Rachman, on devine Flaubert ou Dos Passos, on frise la perfection !

« Les imperfectionnistes » de Tom Rachman, traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Demarty, éditions Grasset, 390 pages, 20 €.

Un trottoir au soleil…. et un coeur chagrin

Je me réjouissais, comme toujours, de la sortie d’un ouvrage de Philippe Delerm. Ce poète de l’instant captait à merveille nos impressions, nos souvenirs, saisissait à coeur les petits plaisirs de l’existence, touchait à l’universel.

Ces petits textes étaient comme autant de joies et de gourmandises, de rêves et le sont toujours, d’ailleurs. Malheureusement, Philippe Delerm a voulu, trop tôt, nous offrir un testament littéraire, beaucoup trop tôt.

A soixante ans, pourquoi déjà filer la méthaphore (subtile, j’en conviens) de la mort au lieu de nous régaler de mots souriants et tendres et d’instants magiques. Bien sûr, on trouve des pages superbes et enlevées mais le tout est empreint d’une telle mélancolie, d’une telle lassitude. Le trottoir au soleil est finalement assez trempé. C’est trop tôt, Philippe, le soleil est encore loin de se coucher, enchantez-nous !

Le trottoir au soleil, Philippe Delerm
2011, Gallimard, 192 pages, 14,90€

Je bosse enfin à la télé… un délice d’autodérision signé Charlotte Blum

Je flânais comme souvent chez le libraire lorsque mon regard fut attiré par la couverture pimpante d’un roman « déjà best seller sur Iphone ».

Ah oui, tiens donc ! J’apprendrais un peu plus tard, devant mon écran, que Charlotte Blum était connue sur le web pour ses épisodes de « Je bosse enfin à la télé » diffusés, à la demande, moyennant une somme modique via l’application et le site de Smartnovel. Lesquels réinventent un genre très prisé au XIXe : le roman feuilleton ! Comment la curieuse et librivore que je suis a t-elle pu passer à côté de cette innovation !  J’ai rapidement réparé mon oubli et je vous invite à jeter un coup d’oeil, c’est très amusant. Au depart, l’idée était de délivrer de courts textes sur un smartphone afin d’accompagner les trajets quotidiens de leurs propiétaires.

Peu après ma visite sur le site, j’ai entamé le roman de Charlotte que j’ai lu d’une traite. C’est de la chick lit (littérature de filles), parfaite pour conclure une journée de fille (soins de beauté, balade, shopping…), drôle, légère, délicieusement insolente et surtout, ne se prenant pas au sérieux !

On retrouve, avec plaisir, de jeunes femmes qui savent grandir et évoluer, tirer des enseignements de leurs expériences malheureuses. Elles se remettent en question et progressent. Elles trouvent peu à peu leur chemin et restent joyeuses, fidèles à leurs valeurs et à leurs amis. On retrouve Sophie Kinsella et son irrésistible Becky Bloomwood (que j’adore !), on retrouve les héroïnes fortes, créatives, vulnérables d’Isabel Wolff, on retrouve Jenna Rink, la charmant personnage de la comédie « 30 ans sinon rien » qui renoue avec elle-même.

Je vous en dis un peu plus sur l’intrigue : Marion quitte un boulot tranquille par le monde de la télévision dont elle a toujours rêvé ! La voilà engagée à Teen TV et ses débuts sont un peu catastrophiques. Cela donne des scènes plutôt comiques aux Teen TV music awards ! Face aux obstacles, Marion ne baisse pas les bras, se jouant finalement des Wikham et Willoughby en pussance et elle trouve des alliés précieux dans ce mileu pourtant féroce qu’est le petit écran !

A savourer, sans modération !

Je bosse enfin à la télé,

Charlotte Blum

Editions de l’Archipel, 2011, 15,95€

« L’écrivain de la famille », un roman maux pour mots

Babélio propose régulièrement Masse Critique, une belle opération autour le la lecture.
Le principe est simple : des blogueurs s’inscrivent sur babélio, choisissent un livre dans une liste et sont sélectionnés pour le recevoir gratuitement en échange d’une chronique sur le site babélio et sur leur blog.

J’ai donc fait partie des heureux qui ont reçu un ouvrage pour le lire et en parler autour de moi. J’ai opté pour l’écrivain de la famille, signé par Grégoire Delacourt, publicitaire de son état. (Eh oui, coeur de lion, c’est lui !)

C’est un premier roman assez hors normes, sensible, drôle, parfois cruel. Je ne crois pas me tromper en vous disant qu’il s’agit, avant tout, d’un roman d’amour, d’un roman dans une de ses plus belles déclinaisons, celle du roman d’apprentissage. L’atmosphère peut-être légère ou suffocante, le chagrin imprègne les pages, les murs jaunes de cette petite cuisine familiales et même les rideaux Laura Ashley si chers à Monique mais c’est l’espoir qui devrait finalement triompher….

On pourra regretter quelques brutalités de langage, inutiles même si certains pensent que les mots crus sont « tendance ». Cependant, ce premier roman est une très belle surprise !

Je vous en rappelle rapidement le sujet: à 7 ans, Edouard commet quelques rimes minables. Elles le propulsent au rang finalement peu enviable d’écrivain de la famille. Il n’écrira pas le roman tant attendu, sa famille explose. Que de lourdes responsabilités sur de si frêles épaules…

L’écrivain de la famille, Grégoire Delacourt
Ed. JC Lattès, 250 pages, 17€

« Ma vie, c’est ici », un hymne à la tolérance et un chant d’espoir

C’est un bijou lové dans le numéro de novembre de Dlire, revue mensuelle des Editions Bayard destinée aux 9-13 ans. C’est un court roman, émouvant, vrai, enchanteur scupté par Joëlle Cuvilliez et sublimé par les illustrations de Bruno Pilorget.

Il sonde avec finesse le coeur d’une jeune fille partagée entre deux cultures, ses espoirs et ses peurs, il parle de traditions, de liberté, d’identité, d’émancipation. Il ne juge jamais, ne pontifie pas et mise tout sur la générosité, l’amour, l’amitié. Le récit de Boncana, tendre écho à celui d’Aminata, sa maman nous parle de nous, de nos racines, de nos rêves, de ce qui nous construit, de nos doutes; il rappelle très subtilement les questions qui ont agité et agitent toujours notre pays.

Un texte maginifique qui enchantera petits et grands et les fera réfléchir ! N’attendez plus, cachez-vous aussi dans le petit placard qui donne sur la salle à manger et écoutez le vieil Ibrahim, parce que c’est votre histoire, notre histoire à tous ! Bonne lecture !